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De son vivant

De: Emmanuelle Bercot


Emmanuelle Bercot revient avec don duo d’acteurs de « La tête haute » avec ce film au thème pour le moins pas très grand public, la fin de vie.

Pire elle décide de l’aborder avec l’inenvisageable, à savoir une mère qui va perdre son fils de 40 ans d’un cancer incurable. Pour illustrer son propos et lui donner une lumière, un recul nécessaire pour ne pas étouffer, la réalisatrice inclue un troisième personnage, le Dr Sara, vrai médecin dans la vie qui accompagne les personnes condamnées avec une certaine philosophie.

D’abord celle de regarder la mort en face et de dire la vérité, ne pas se la voiler et amoindrir les douleurs tout en aidant à optimiser le temps qui reste à faire le ménage dans sa vie.

Si le film est humble, digne et tire des larmes à plusieurs moments, j’y trouve quelques défauts majeurs.


D’abord et même si c’est la vérité de la méthode de ce médecin, on y voit un corps médical apaisé, ayant le temps d’être bienveillant, de faire de la psychologie et de remplacer le vide de l’existence du personnage principal. C’est con mais ceci ne semble pas très représentatif des vrais conditions de vie des malades, notamment ceux qui n’ont pas les moyens de se payer le luxe de telles cliniques.


Et parfois, ça vire à une sorte d’indécence à force de ne pas du tout traiter cet aspect. C’est un choix de scénario certes mais il n’est pas neutre.


Après le personnage n’a aucun ami, n’a que sa mère, n’a pas reconnu son enfant. Pourquoi avoir fait ce choix? Ce n’est fort heureusement pas fréquent qu’un personnage soit aussi seul mais l’isoler ainsi fait encore plus ressortir la bienveillance idéaliste de cette clinique pour riches. Et si la réalisatrice avait voulu couper les larmes, ne pas verser dedans en rajoutant des personnages. Mais ce n’est pas le cas. C’est très très mélo et çà n’en finit pas !

Non que le film est mauvais. Non, il est d’une grande maîtrise formelle, d’un jeu qui vaudrait à Benoit Magimel un prix, et il est émouvant. Mais il est aussi éreintant tant il nous montre tout du parcours jusqu’au dernier souffre. C’est voyage horrible mais la lumière qu’insuffle le personnel hospitalier fait trop fake à mon goût. J’aurais préféré un personnage moins caricatural, moins antipathique, avec des racines un peu plus crédibles. Mais ceci reste un bon film.


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