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Chez nous

Dernière mise à jour : 12 janv. 2023

De: Lucas Belvaux


"Chez nous" est film éminemment d'actualité à une époque où plus personne ne bouge son cul pour manifester dans la rue.

Le spectacle actuel est confondant quinze ans après l'accession de Jean Marie Lepen au second tour de la présidentielle. Sa fille a réussi à normaliser son parti en faisant se taire les vieux fachos ou skinhead voire en les virant. Les idées de fond populistes, nationalistes, axées sur le repli identitaire et la peur de l'autre sont toujours là. Mais Marine Lepen a lifté les apparences, changé son programme économique à 180 degrés, quitte à dire le contraire de sa nièce et d'une bonne partie de sa base militante. Mais ce pot pourri fonctionne et ratisse ultra large.


Et le FN c'est comme le VIH, quant la prévention baisse, il explose !


"Chez nous" parle de cette transformation qui a réussi au point que les opposants au FN, à savoir toute personne qui a un minimum de mémoire et de recul, et qui n'est pas raciste car oui, ceci reste un putain de parti raciste, toute personne qui s'y oppose donc...ne sait plus vraiment comment attaquer car officiellement, ces paroles hallucinantes du passé ont été effacées. C'est bien connu, l'histoire se réécrit en effaçant, comme Orwell le montrait si bien dans 1984.

Çà glisse sur du populisme qui se nourrit de l'échec des autres, toujours les autres. Et des millions de gens qui ne côtoient aucun arabe, aucun noir, aucun réfugié, votent de façon débile pour ce parti. Et çà ne mobilise plus, bien au contraire, çà attire des personnages comme cette "héroïne" issue d'une famille communiste qui va se laisser embrigader...


Le film est salutaire dans son propos mais hélas trop souvent didactique et attendu, comme un précipité de tous les lieux communs que le FN a beau jeu de démonter point par point. Et pourtant le film vise juste...c'est juste qu'un tel constat vient probablement trop tard. La mise en scène est assez plate, ce qui est dommage de la part de Lucas Belvaux, pourtant réalisateur de talent. Fort heureusement André Dussollier et Émilie Dequenne jouent bien, handicapés par des seconds rôles unidimensionnels qui prêtent le flanc à la critique.


Le film manque d'ampleur mais il a le mérite de re-contextualiser ce que c'est que le FN, un parti d’extrême droite dangereux pour la démocratie et d'autant plus flippant qu'il avance masqué. En mai, ne faites pas les cons, votez !


La piste aux Lapins :






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