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Blue Heron

De Sophy Romvari

À la fin des années 1990, Sasha, huit ans, s'installe avec ses parents et ses frères sur l'île de Vancouver. À travers ses yeux, sous le soleil d’un été en apparence paisible, quelque chose se fissure. Leur nouvelle vie est troublée par le comportement de plus en plus imprévisible de l'aîné, Jeremy.


Blue Heron m’a paru interminable malgré ses à peine 1 h 30. Le film avance à pas comptés, peine à trouver une véritable ligne directrice et semble constamment repousser ce qui pourrait faire progresser son récit. À force de flottement, de silences et de contemplation, il finit par provoquer chez moi un ennui profond. La mise en scène, délicate et ouatée, ne suffit pas à donner corps à une histoire qui paraît étirée bien au-delà de ce qu’elle peut réellement contenir : le pitch semble davantage relever du moyen métrage que du long.


Cette sensation renvoie à un certain cinéma indépendant américain, incarné notamment par Kelly Reichardt, dont la réputation critique n’a jamais réussi à me faire adhérer au rythme minimaliste et contemplatif. Blue Heron en reprend les travers à mes yeux : une lenteur érigée en vertu, une esthétique arty très consciente d’elle-même et une narration qui paraît parfois se satisfaire de son propre dépouillement. Derrière la beauté éthérée des images et la mélancolie des souvenirs, je n’ai trouvé ni souffle, ni tension, ni véritable nécessité de raconter cette histoire pendant une heure et demie. Un cinéma qui, sous couvert de délicatesse et de subtilité, finit par tourner à vide. Un film pour neurasthéniques.


La piste aux lapins :



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