Un « Roméo et Juliette » version Robert Eggers (Nosferatu)

Une enveloppe estimée à près de 80 millions de dollars : c'est ce que Focus Features aurait mis sur la table pour s'offrir le prochain projet de Robert Eggers, une nouvelle adaptation de Roméo et Juliette. Le studio a dû batailler ferme, puisque A24, Sony et Warner Bros. étaient eux aussi sur les rangs. Le cinéaste en assurera la réalisation et la production, et il s'agirait de son prochain long-métrage.
Le choix peut surprendre. Après
les sorcières, les Vikings, un vampire et bientôt un loup-garou, voilà le réalisateur de The Witch face à l'histoire d'amour la plus célèbre du répertoire. On lui reprochait de toujours creuser le même sillon : le voilà qui change de terrain… du moins en apparence. Car il y a fort à parier que la tragédie de Vérone prendra chez lui des allures de cauchemar, entre lueurs de bougies, ruelles boueuses et violence exacerbée.
Fidèle à son goût de l'authenticité, Eggers conserverait d'ailleurs le texte original de Shakespeare. Rien d'étonnant de la part de celui qui a fait parler Willem Dafoe et Robert Pattinson dans un argot de marins du XIXᵉ siècle (The Lighthouse) et qui s'est plongé dans la langue de l'ère viking pour The Northman.
Le montant de l'accord s'explique aussi par le succès inattendu de Nosferatu au box-office en 2024, qui a convaincu les studios que son cinéma exigeant peut attirer le grand public. Reste à se démarquer de prédécesseurs illustres, au premier rang desquels la version de Franco Zeffirelli (1968) et le Roméo + Juliette survolté de Baz Luhrmann (1996), avec Leonardo DiCaprio et Claire Danes.
Sans être lié à Focus par un contrat d'exclusivité, Eggers y a désormais ses habitudes : la filiale d'Universal a distribué The Northman et Nosferatu, et sortira le jour de Noël Werwulf, qui le réunit de nouveau avec Aaron Taylor-Johnson et Lily-Rose Depp.



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