Un jour avec mon père
- Blanc Lapin
- 12 avr.
- 2 min de lecture
D’Akinola Davies

Un Jour avec mon père est un récit semi-autobiographique se déroulant sur une seule journée dans la capitale nigériane, Lagos, pendant la crise électorale de 1993. Un père tente de guider ses deux jeunes fils à travers l'immense ville alors que des troubles politiques menacent.
Comme la lettre de deux enfants à leur père, comme un souvenir qu’ils tentent de graver dans leur esprit avant qu’il ne s’évanouisse, Un jour avec mon père touché par le contraste entre la grande maturité de sa forme, forgée par deux adultes, et la grande souffrance des deux enfants qui s’expriment à cœur ouvert. Porté par une photographie de haut niveau et une écriture poétique de montage, le film relie sans cesse les actions concrètes des personnages à un état intérieur plus vaste, presque cosmique. Ce véritable road movie urbain fait se succéder rencontres, attentes et dérives, tandis qu’Akinola Davies Jr. capte la température d’une société en crise où les opportunités se raréfient mais où l’espoir persiste. Le récit oscille entre regard d’enfant et monde adulte dans un balancement tendre, émouvant et profondément poignant.
Avec une habileté remarquable, ce premier long métrage mêle sublimation intime et fresque politique, se faisant à la fois doux et abrasif, cautérisant et contaminant, comme les souvenirs que l’on exhume. Il propose une remémoration pleine d’amour, de chagrin, d’espoirs et de peurs, où tout est vu à hauteur d’enfant dans un mélange de naïveté et de clairvoyance inquiète. La frontière entre pureté du souvenir et réécriture imaginaire devient ténue et poignante, révélant une dimension à la fois universelle et ancrée dans un moment d’histoire précis.
Film semi-autobiographique, il séduit autant par ses choix esthétiques que par sa manière d’entrelacer grandes et petites histoires, invitant le spectateur à partager le point de vue des deux frères qui traquent silhouettes, échanges et indices au cœur de la ville. Si une contextualisation politique aurait pu éclairer certains spectateurs, le film emporte par sa puissance visuelle et émotionnelle.
La piste aux lapins :




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