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Tom à la ferme

De: Xavier Dolan



Xavier Dolan est doué, mais semble parfois présomptueux, il agace certaines critiques et conquiert d'autres par son talent.. et vous savez quoi? Ce n est pas pret de se calmer.

Outre son prochain film, "Mommy", en competition pour la palme d'or 2014, le jeune québécois a déja fait ses preuves, à 25 ans à peine. En trois longs métrages, il a montré qu'il savait super bien diriger les acteurs, dont lui, que ses dialogues étaient vifs et drôles ("J'ai tué ma mère") qu'il etait très (trop?) référencé par de grands metteurs en scène comme Wong Kar-Wai ("Les amours imaginaires"), et puis même qu'il savait prendre des risques. Son "Laurence Anyways" m'avait moins séduit de par ses longueurs, et par un jeu et une mise en scène qui se regardait parfois trop le nombril. Mais le film avait au moins le mérite d'aborder un thème original avec une classe certaine et un sens du rythme, de la colorimétrie et de la Bo incroyables.

Avec "Tom à la ferme", il vous faudra oublier les tics de mise en scène de Dolan. Ce dernier, en rechangeant de style pour le thriller, oublie justement ce qu'on pouvait lui reprocher. Ici Dolan va donc s'intéresser à une histoire d'homophobie ordinaire dans une campagne reculée et utiliser ce cadre coupé du monde pour en faire un thriller oppressant.


Tom vient de perdre son petit ami et arrive dans son petit village perdu pour son enterrement. Il constate que la mère du défunt ne connait rien de lui ni de l'identité sexuelle de son fils. Pire, son "beau frère", brute épaisse, va le menacer et le terroriser afin qu il reste dans le déni de l'homosexualité du défunt et lui invente une vie afin de préserver sa mère.

Dolan abandonne la virtuosité et les couleurs chamarrées pour livrer un film plus sec, plus gris et embrumé, moins aimable, et instaurer ainsi l'inconfort. Tout ceci permet de bien faire ressentir l'isolement de Tom, qu'il interprète avec finesse. Il préfère les cadres serrés sur le visage des protagonistes et l'économie de mots, afin de créer une ambiance de malaise propice au ressenti du personnage. On y suit un rapport trouble, jamais très clair. Est ce que la victime tombe amoureuse de son bourreau ? Est ce que le frère est homo refoulé ? Est ce juste un psychopathe ? Tom veut il juste s'autodétruire de chagrin, perdu apres la disparition de l'être aimé ? Peut être un peu de tout mais jamais Xavier Dolan ne choisit la linéarité du récit, le sous texte étant libre d'interprétation...et pour le coup, j'ai trouvé cela très bon, surtout dans ce style nouveau qu'il a le culot d'aborder, et qu' il a raison d'aborder, pour prouver qu il n'est pas qu'un ptit con doué, mais un vrai metteur en scène ambitieux. Déjà cinq films dont quatre vus et il ne fait aucun doute que la carrière de Dolan pourrait s'avérer passionnante car il a de l'ambition et sait remettre en question ses acquis pour explorer d'autres voies. Alors certes, on sent qu'il s'aime beaucoup mais et alors ? Où est le problème ? On s'en fout franchement. Des tas de réalisateurs ont un énorme égo et c'est peut être celà qui leur permet de se surpasser. Tant que Dolan livrera des oeuvres originales comme "Tom à la ferme", moi je suivrai le talent plutôt que les jaloux.


La piste aux Lapins :








































































































































































































Terrence Malick

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