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The Rover

De: David Michôd



David Michôd revient trois ans après son excellent "Animal Kingdom" et change radicalement de style, signant probablement son premier chef d’œuvre.

L'histoire se passe dans le désert Australien, 10 ans après une crise économique majeure ayant ruiné les sociétés occidentales et les ayant faites entrer dans le quart monde. Un homme se fait piquer sa voiture et décide de poursuivre à tout prix la bande qui le lui a volée.


Qu'y a t-il comme lien entre les hommes lorsque tout s est effondré ? Redevient-on des bêtes ou reste t il quelquechose ? Et c'est quoi ce qu'il reste ? Le film dissèque le cadavre de nos sociétés occidentales...après la chute...lorsque l'abondance et les échanges matériels se sont stoppés 10 ans auparavant, laissant place à la misère. L'égoisme et le chacun pour soit de nos sociétés modernes a préparé le terreau d'une survie encore plus brutale lorsque le décor disparait. Aucune entraide et aucun soutien n'est à chercher chez d'autres être humains puisque le déshumanisation a précédé le cataclysme économique.

Avec des dialogues tendus et rares, des flashs de violence ponctuant le récit, David Michôd livre un Mad Max ultra sombre, un mad max sans le côté fun et grand public.

Il choisit dès le départ d'encrer son film dans une noirceur qui fixe un cap. Le personnage de Guy Pearce, qui veut absolument récupérer sa voiture, le seul bien qui lui reste, va t-il avoir un sursaut d'humanité et pourquoi est il aussi acharné ? Et puis surtout, sa rencontre avec un gamin paumé et pas bien méchant, naïf et mentalement diminué, lui donne la possibilité d'une rédemption ou au contraire de plonger encore plus dans l'abime...selon les choix qu'il fera... Le suspens est donc construit autour du dénouement du film et on le comprend très vite. Savoir pourquoi cette quête est primordiale et si le personnage peut retrouver un soupçon d'empathie pour son prochain sont les deux et presque uniques thèmes du film. Mais la mise en scène est tellement brillante et le jeu des acteurs tellement bon, qu'on adore plonger dans ce vide nihiliste, ce puit sans fond.


Robert Pattinson est excellent dans son rôle à contre emploi face à un Guy Pearce égal au talent qu'on lui connait. Son personnage mutique a un regard alternant entre sauvagerie, survie, lueurs du passé.

Le délitement du lien social a déjà eu lieu, le besoin de survivre s'étant déjà substitué au reste. On assiste aux ravages du capitalisme une fois mort, à la destruction de la morale et à cette absence de but pour chaque individu, laissé à lui même, sans cadre...sans idéal puisque les grandes utopies sont déjà mortes avant la chute. Le film montre une violence écrasante et étouffante et utilise le désert australien et son imagerie post apocalyptique bien connue pour illustrer le propos. The Rover réinvente le genre. The Rover fait partie de ces films coups de poing auxquels vous pensez plusieurs jours après parceque l'impact a réveillé un mixte de réflexion et d'imageries mêlées de façon novatrice. Un film effrayant et somptueux à la fois.


La piste aux Lapins :




























































































































































Terrence Malick

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