Romería
- Blanc Lapin
- 12 avr.
- 2 min de lecture
De Carla Simón

Afin d’obtenir un document d’état civil pour ses études supérieures, Marina, adoptée depuis l’enfance, doit renouer avec une partie de sa véritable famille. Guidée par le journal intime de sa mère qui ne l’a jamais quittée, elle se rend sur la côte atlantique et rencontre tout un pan de sa famille paternelle qu’elle ne connait pas. L’arrivée de Marina va faire ressurgir le passé. En ravivant le souvenir de ses parents, elle va découvrir les secrets de cette famille, les non-dits et les hontes…
Avec Romería, Carla Simón poursuit une exploration très personnelle, entre mémoire intime et découverte du présent. Le film trouve sa plus grande force lorsqu’il s’éloigne de son cadre autobiographique pour suivre simplement une jeune femme arpentant Vigo, observant le monde avec une curiosité naissante que traduisent ses images en mini-DV — moins comme un geste de cinéaste affirmé que comme un apprentissage du regard.
Fidèle à son approche délicate, la réalisatrice privilégie les silences, les gestes du quotidien et les instants suspendus pour faire émerger une émotion diffuse.
Cette manière de suggérer plutôt que de montrer, de faire exister le passé dans les creux et les non-dits, donne au film une profondeur discrète, presque sensorielle, portée par l’interprétation juste et lumineuse de Llúcia Garcia. Mais cette retenue, qui fait le prix de son cinéma, finit aussi par fragiliser l’ensemble : le récit peine parfois à se structurer, manque d’élan dramatique, et certains effets — comme des retours en arrière superflus — brouillent plus qu’ils n’enrichissent la trajectoire. Malgré ces flottements, le film reste une quête sensible, traversée de tensions entre douceur et douleur, où affleure un désir sincère de cinéma.
La piste aux Lapins :




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