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Only lovers left alive

De: Jim Jarmusch



Jim Jarmusch est rare et si il a marqué les cinéphiles avec "Down by law", "Dead man", ou "Ghost dog", son dernier, "the limits of control" était ennuyeux et involontairement parodique de son cinéma. Il fallait remonter à "Broken flowers" en 2006 pour trouver un film notable dans sa filmo. Aujourd'hui il revient en s'attaquant au film de genre, ce qui peut paraitre surprenant de la part de ce cinéaste égérie du ciné indépendant US.

"Only lovers left alive" laissera forcément sur le carreau un public qui ne peut s'habituer au rythme du réalisateur, à sa lenteur. Et pourtant, le film signe son retour inspiré, reprenant les codes du film de vampire pour faire une déclaration enflammée aux artistes et à la solitude de ces derniers, faisant partie d'un tout dans l'évolution culturelle de nos sociétés, permettant aux prochains artistes d'apprendre de leurs prédécesseurs et de porter plus loin leur oeuvre.


Le film est doux, romantique et les personnages attachants.


Tilda Swinton est comme d'habitude géniale, et trouve un excellent pendant en Tom Hiddleston, gracieux et très attachant pour un vampire. C'est que Jarmush utilise la métaphore pour faire de ces derniers avant tout des ex-humains, qui aiment le genre humain et le génie de certains mais reprochent à la masse des vivants leur stupidité, leur vision à courte vue. Ils se portent plus comme des garants des œuvres qui ont façonné l'humanité que comme des bêtes assoiffées de sang.

On est très loin des prédateurs habituels et plus proches d'individus emprisonnés dans une profonde mélancolie mais un désir toujours vif de créer ou de découvrir. L'idée est bonne et bien exploitée et l'humour est comme toujours présent.

Bien sur on ne tombe pas de sa chaise mais on sourit et la lenteur devient au final une berceuse d'une grande classe, un peu snob mais pas trop, juste ce qu'il faut pour dresser le paysage. On se prend d'affection pour ces morts qui ne cherchent pas à tuer les "morts vivants" à savoir les vivants mais qui sont un peu perdus et déphasés face à l'évolution du monde.


Jarmusch parle de la difficulté à s'insérer dans le monde d'aujourd hui pour des individus qui n'ont pas les mêmes codes, pas les mêmes envies que le tout venant...qui ne se reconnaissent pas dans une culture pop mondialisée et qui du coup s'isolent dans leur cocon plus culturel et précieux, à l'abri du bruit extérieur, dans une certaines sérénité intemporelle. Ils comblent leur perte de repères dans le meilleur de ce qu'a créé l'homme et cette approche des vampires s’avère charmante, emprunte d'un dandysme désenchanté vraiment plaisant.


La piste aux Lapins :















































































































































































































Terrence Malick

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