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"Maps to the Stars

De: David Cronenberg



David Cronenberg a traversé les années 2000 avec brio, "History of violence" et "Les promesses de l'ombre" sont des bijoux, et son "A dangerous Method" un film passionnant sur la psychanalyse.


Son adaptation de Don DeLillo il y'a deux ans, "Cosmopolis", avait en revanche divisé la presse, le maitre canadien devenant très bavard, pour un résultat assez difficile d'accès et pourtant à mon avis très réussi (lire les critiques en cliquant sur les films).

Cronenberg est donc de retour avec un film sur Hollywood et ses dérives ou plutôt sur des gens paumés vivant dans la faune hollywoodienne. Il s’intéresse ici tout particulièrement à une famille dont le fils de 13 ans est une star de blockbusters sorti tout juste de désintox.


Sa mère gère sa carrière d'une main de fer tandis que son père est un coach de célébrités ultra connu et médiatique. Mais la famille cache un secret qui va se confronter à une actrice sur le retour, interprétée par une Juliane Moore en très grande forme.


Soyons clairs tout de suite. Le casting est impeccable, de Mia Wasikowska à Olivia Williams en passant par une Julianne Moore prix d'interprétation à Cannes.

Ensuite le film est une charge contre des êtres dont la célébrité et l'argent ont petit à petit détruit certains fondamentaux. Cette famille a encore la structure du père et de la mère mais les rôles sont troubles. Le fils ramène 5 M$ par film à la maison, il a grandi probablement trop vite et dans un milieu cynique à souhait. Sa mère est bien plus fragile qu'elle n'y parait et le père semble avoir perdu beaucoup de sensibilité pour un coach censé faire ressortir puis calmer les traumas des stars. On a parfois l'impression de retrouver l'ambiance malsaine de "Moins que Zéro", premier livre de Bret Easton Ellis. Les personnages sont décadents, arrogants, sans pitié mais...est ce une surprise ? Non, pas vraiment.


Cronenberg choisit par ailleurs d'éviter des éclats démonstratifs ou une hystérie qui auraient pu nuire au projet et faire de lui sa propre caricature. On retrouve aussi sa fascination pour les monstres et les stigmates corporelles avec cette jeune fille aux blessures de brûlures lui recouvrant le corps. Les symboles sont simples mais au moins plus accessibles que son précédent film.

Je me suis juste demandé si ce rythme plutôt calme ne nuisait pas justement au final, ou tout du moins si il ne mettait pas trop en avant le manque d'acidité du propos. Le film est sombre et les personnages des individus peu recommandables. Mais c'est justement parcequ'ils manquent de profondeur et de nuances qu'un peu de cynisme et de second degré auraient peut être pu donner de la substance à ce vide effrayant.


Alors bien sur, c'est volontaires de la part de Cronenberg de conserver un regard plutôt clinique, mais la violence de la charge n'a pas eu un impact si fort sur moi. Je n'étais ni surpris ni intéressé par cet envers du décor et par ces personnages. Et c'est bien là le problème. Alors que leur histoire familiale aurait pu embraser le film et apporter son lot d'émotions, le film se contente d'observer de loin la destruction d'être détachés du réel, sans jugement moral, ce qui est bien, mais avec beaucoup trop de recul. Le fait que les personnages répètent en boucle le même poème devient alors l'inverse du reproche fait aux dialogues un peu trop écrits de Cosmopolis.

On se dit que Cronenberg n'a au final pas grand chose à dire à part observer ces monstres froids et que cette répétition cache peut être une absence de dialogues au niveau de l'interprétation des acteurs.


J'ai donc été déçu par ce dernier opus bien que le film soit bon et vaille évidemment le coup d'être vu. Mais David Cronenberg nous avait tellement habitués à décoller très haut ces dernières années que lorsque l'on décolle un peu moins, on devient plus exigeant.


La piste aux Lapins :





























































































































































Terrence Malick

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