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La planète des singes : les origines

De: Rupert Wyatt


La planète des singes les origines fait table rase du long métrage réalisé en 2000 par Tim Burton et constitue un remake du 4eme film de la série de six longs métrages sortis début des années 70. Le premier d'entre eux, porté par Charlton Heston et directement adapté lu livre de Pierre Boulle, fut acclamé par la critique et remporta un très grand succès commercial. Il faut dire que les maquillages et costumes de singes étaient particulièrement réussis et servis par la mise en scène de Schaffner et un scenario tout aussi fascinant et flippant que le roman.

Mais cet étalon du film de SF allait donner suite à cinq films bien moins inspirés et cherchant surtout à exploiter un filon ultra rentable. Le merchandising qu'ils accompagnèrent fut d'ailleurs précurseur de l'invasion Star Wars que Georges Lucas allait réussir quelques années plus tard.

La série reste honnête mais ne réussit jamais à retrouver l'aspect crépusculaire et les thématiques déterministes du premier film. En 2000, Tim Burton repris 30 ans plus tard une adaptation avec des costumes assez blufants. Mais le scénario affligeant et incohérent associé à une mise en scène plate plombèrent le projet pour en faire le pire film de Burton. Le réalisateur de "Edward aux mains d'argent" et "Sleepy hollow" se foutait complètement de ce projet de commande et son manque d'implication est criant. Et puis le film fut monté à la hache et à la va vite pour sortir à temps l'été 2001.

Dès lors, lorsque la Fox annonça l'an dernier ce remake du 4ème film, déjà pas terrible, avec un réalisateur inconnu, un temps de production d'à peine un an et surtout l'abandon des costumes au profit de la motion capture, et de singes en images de synthèse, le scepticisme l'emporta. Sauf que Avatar est passé par là et que le bon technologique se voit encore plus sur des singes arpentant les rues d'une ville que sur des extraterrestres bleus au milieu d'une planète inconnue. C'est le premier pari réussi de ce film et le plus brillant. Le personnage de César, le premier singe rebel, bénéficie du talent d'Andy Serkis, l'acteur qui se cachait derrière king kong ou gollum. Et pour le coup, sa capacité à exprimer des tics et grimaces est clairement un atout décisif pour "humaniser" ce singe et nous le rendre attachant. Une réelle empathie se crée. Or elle est essentielle pour que le message du film fonctionne.


Le film de Rupert Wyatt confronte aux singes des stéréotypes d'humains, personnages archétypaux représentant chacun notre civilisation dans ce qu'elle a de plus bas ou de plus dégénérescent. Du petit employé cruel avec les animaux à son patron cynique et fasciste en passant par le directeur de recherches obsédé par le fric et se foutant éperdument de toute déontologie. On pourra reprocher de tels raccourcis mais c'est pour mieux exploiter le rapport filial qui s'instaure entre César et son maitre. A ce titre James Franco est idéal dans le rôle du professeur à l'origine de l'émancipation intellectuelle de César. Il est beau, sensible, il se bat contre l'alzheimer de son père.

Là aussi le personnage est simple mais c'est cette palette d'individus qui permet au récit de prendre une ampleur émotive sur la fin, qui permet à l'action concentrée sur 1/4 du film, d'être teintée d'un vrai goût de révolte. On se sent aux cotés des singes et non des hommes car le décor du théâtre a été posé avec soin, en prenant le temps. Le film ne dure que 2 h et c'est tant mieux. Certes, on lui reprochera d'aborder de nombreux thèmes sans les approfondir...mais il aurait fallu plus d'un film et ce dernier aura probablement une suite compte tenu du succès commercial. Par ailleurs, il est préférable que le film soulève des questions plutôt que de verser dans une démonstration balourde. Il faut prendre le film comme un complément au film de Schaffner même si une suite lui permettrait justement de montrer l'autre facette de la médaille puisque la révolution passée, une phase plus réfléchie des deux côtes peut être développée.


"La planète des singes les origines" n'a donc pas la résonance politique qu'avait le premier film en pleine guerre froide mais s'inscrit davantage dans l'exploitation intelligente de la franchise. Sans être le blockbuster de l'année, le film est une réussite et le meilleur de la série après le premier.


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