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La guerre est déclarée

De: Valérie Donzelli


Coup de cœur des critiques à Cannes, le second film de Valérie Donzelli après "la reine des pommes", a ému la croisette et les critiques de cette rentrée puisque le film est encensé.

La raison est simple, l'actrice choisit de raconter son histoire avec à l'écran son ancien compagnon à la ville, Jérémie Elkaïm, avec qui elle a eu un fils. Mais ce dernier, dès ses premiers mois, fut atteint d'une tumeur au cerveau, une tumeur maligne, opérable mais grave, très grave car peu traitée, avec peu de chances de rémission.


Le film aurait donc pu tomber dans un pathos assez lourd, digne d'un téléfilm académique sur un sujet qui ressemble au cauchemar que tout jeune parent n'ose même pas imaginer. En optant pour le rire à bien des moments, pour une mise en scène qui n'hésite pas à prendre la tangente, Valérie Donzelli donne à son "histoire vraie", une force et une vivacité incroyable. Mais surtout un respect profond pour le courage qu'on eu Valérie Donzelli et Jérémie Elkaïm mais aussi leur petit bout.


Passé cette évidence, cette justesse des mots, des situations puisqu'elles ont été vécues, je me dois d'avouer que je suis resté un peu sur ma faim. Cinématographiquement parlant. Si l'on voit le film avec juste les yeux d'un humain attendri par tant de force et de courage, on ne peut qu'adhérer. Mais voilà, je n'ai pas été emporté comme j'aurais du l'être à en croire l'accueil de la presse.


Alors j'ai cherché pourquoi. Je suis plutôt un bisounours hypersensible, ce type de sujet devrait donc me toucher davantage. Et pourtant, comme un goût amer me restait en bouche. C'est peut être que certains passages m'ont un peu agacé, non parcequ'ils étaient "gonflés" mais au contraire "empruntés", et manquant un peu d'originalité par rapport au cinéma d'auteur actuel. Un peu trop de références tue parfois la spontanéité du récit.


On pense à Christophe Honoré, réalisateur qui parfois réussit son coup ("les chansons d'amour") et parfois non (la plupart de ses autres films). Un cinéma très ampoulé par la nouvelle vague et cette façon de jouer un peu "pas très naturelle". Ici, c'est Jérémie Elkaïm, qui peut être par son phrasé, me semblait jouer assez mal au final. Sa diction m'a un peu fait perdre l'émotion qui aurait du m'envahir. Valérie Donzelli au contraire est d'une fougue désarmante. Le film se veut une déclaration de guerre à la mort, en mettant en avant la légèreté avant le pathos, en montrant des êtres dont la vie bascule du jour au lendemain, qui se renforcent dans leur couple pour mieux faire face à l'adversité. Le pari est parfois réussi, parfois il manque quelquechose.


Les ralentis, la caméra à l'épaule ou les scènes chantées sont déjà vues tellement de fois ces dernières années qu'il faut vraiment les réussir. Or le texte de la chanson par exemple, particulièrement cruche, plombe la scène et ne fait que vous sortir du film pour vous faire penser à d'autres réalisateurs, très influencés eux aussi. J'ai pensé à Xavier Dolan, le jeune québécois à qui l'on reproche un maniérisme exacerbé. Mais avec le réalisateur de "j'ai tué ma mère " et "les amours imaginaires", ceci passe sur le fil du rasoir.


Le film a donc beaucoup de mérites, notamment de ne pas tomber dans un film misérabiliste et de donner de l'espoir, du courage à ceux qui traversent des moments de vie aussi terribles. Mais il le fait avec une fausse originalité qui moi m'a laissé de marbre, et j'en sors bien déçu...


La piste aux Lapins :




































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