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La fille à la valise

De: Valério Zurlini- avec Claudia Cardinale et Jacques Perrin




L'histoire : Aida (Claudia Cardinale), jeune danseuse de province, se fait plaquer au bout de 5 jours par un jeune don Juan de bonne famille pour qui elle a quitté son emploi. En le cherchant, elle rencontre son jeune frère, Lorenzo (Jaques Perrin), qui bien que connaissant la vérité, va lui mentir, du haut de ses 16 ans, d'abord par empathie puis par désir...

Ce film de Valério Zurlini est un classique du cinéma italien des années 60. Claudia Cardinale a 21 ans, Jacques Perrin en a 18 et il en parait 16 tout au plus. C'est pour les deux l'un des premiers rôles de leur carrière...et l'un des meilleurs.


On a plusieurs fois vu des histoires de jeunes hommes attirés par des femmes plus mûres. En revanche, la distance d'âge de quelques années seulement est plus rare. Mais la fascination pour cet obscur objet du désir n'est pas le thème central du film.


Le jeune Lorenzo, tout en découvrant son premier amour, s'intéresse à une jeune femme venue d'un milieu modeste pour qui l'argent est une quête quotidienne. Lui n'a pas besoin de travailler du fait de son héritage. De son côté, Aida semble "intéressée" mais se trouve être tout simplement aux abois. Elle est perdue au milieu de ses rêves de rencontrer le prince charmant...rêves toujours défaits par de vils machistes qui la larguent aussitôt obtenu ce qu'ils voulaient. Une certaine mélancolie ressort de cette rencontre entre deux mondes. Cette relation est forcément éphémère. Le milieu social de Lorenzo ne peut accepter celui de cette jeune femme et sa jeunesse ne peut donner suffisamment de gage à sa première passion.

L'un comme l'autre sont victimes de leur milieu social mais c'est au final l'argent et le machisme qui mènent la danse. Ce constat terrible donne au film de Zurlini un regard cynique. Mais cette vision reste un rien nostalgique d'une période de la vie où la solitude des adolescents et leur peur de leur propre avenir se vit dans n'importe quel milieu de la même façon. C'est donc la rencontre d'un petit bluffeur et d'une manipulatrice pas très douée qui s'essaient à un jeu dont ils ne maitrisent rien du fait de leur inexpérience et de l'influence de leurs propres racines.

Clauda Cardinale est magnifique, sensuelle, pleine de rage et le regard d'un noir éclatant. Jacques Perrin est au contraire d'une douceur angélique, son visage y aidant beaucoup.

La mise en scène de Zurilini évite les clichés habituels pour mieux mettre en exergue l'hypocrisie des rapports sociaux et la finalité de chaque protagoniste. Chacun est mué davantage par son propre désir que par des sentiments plus gracieux, la morale étant malléable quand il s'agit de besoin vital. Vous l'aurez compris, nous ne sommes pas chez Frank Capra et c'est tant mieux !

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