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Léto

Dernière mise à jour : 12 janv. 2023

De: Kirill Serebrennikov



Le pitch : Leningrad. Un été du début des années 80. En amont de la Perestroïka, les disques de Lou Reed et de David Bowie s'échangent en contrebande, et une scène rock émerge. Mike et sa femme la belle Natacha rencontrent le jeune Viktor Tsoï.

Serebrennikov est un cinéaste in dans les festivals et auprès des critiques, pour son talent indéniable mais aussi probablement pour le fait qu'il est assigné à résidence depuis plus d'un an par le pouvoir de Vladimir Poutine.


Son dernier film, "Leto", a failli remporter la Palme d'Or, tant il avait recueilli un accueil unanime de la presse. Il est vrai que son film, sous ses airs d'immersion dans le rock des années 80 en Russie, montre de façon efficace la limite ténue entre la tolérance d'un pouvoir dictatorial pour une forme d'expression permettant à la jeunesse de se lâcher, tout en tenant d'une main de fer tout dérapage idéologique non conforme avec la doctrine du parti.

Plusieurs scènes sont à ce titre assez glaçantes. On y voit des jeunes sagement assis taper du pied lors d'un concert mais avoir interdiction de se lever, de danser et hurler leur passion pour leur groupe favori. C'est assez...spécial...et pourtant, çà c'est visiblement passé comme cela.

Dans un noir et blanc magnifique, le réalisateur russe insère des délires très esthétiques qui permettent aux personnages de s'échapper du réel à travers la pop rock. C'est plutôt réussi, très beau mais parfois hélas, ceci vire au clip. Et c'est un peu le sentiment profond que j'ai ressenti tout au long du visionnage.


J'aurais adoré aimer "Léto" autant que la presse l'a porté aux nues. Mais il y a quelque chose de trop travaillé, de trop fake dans ces longues envolées clipesques qui cachent parfois des personnages pas très intéressants. Certes, c'est davantage l'humeur du temps qui est captée et très bien retranscrite mais les trois personnages principaux ont un grand problème. Ils ne sont pas du tout attachants.


Cette surenchère de style étouffe la légèreté d'autres très belles scènes et surtout masque une certaine folie ou liberté qu'on aurait aimé voir éclabousser l'écran, là où elle ne fait que l'effleurer.


La piste aux Lapins :




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