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Jodorowsky's Dune

De: Frank Pavich





Dès l'annonce du projet, votre blanc lapin préféré s'était fait l'écho d'un enthousiasme débordant à l'idée de voir enfin racontée l'une des histoires de tournage les plus extravagantes de ces 30 dernières années. Car ce documentaire allait nous détailler comment Alejandro Jodorowsky, réalisateur barré chilien et scénariste de bd cultes comme l'Incal, Juan Solo, ou "la caste des méta-barons", avait tenté un rêve impossible au milieu des années 70.


Ce dernier a en effet failli adapter Dune de Frank Herbert, l'un des plus ambitieux romans de SF avec un casting de malade mental, Salvador Dali en empereur de l'univers, Orson Welles en immonde baron Harkonnen, Mick Jagger en Feyd Rautha, les Pink Floyd à la Bo, le dessinateur Moebius au storyboard et HG Giger, créateur d'Alien pour les décors de la planète harkonnen...

C'était un projet fou, produit par Jérome Seydoux, mais c'était un projet de passionnés.

Le film avait réuni 2/3 du budget et s'est cassé les dents face à des executives d'Hollywood pour qui Sf ne rimait pas avec gros budget...car c'était avant Star Wars.


"Jodorowsky's Dune" nous conte donc une aventure, celle d'artistes qui ont irradié la Sf des années 80, de Alien à Blade Runner ou Star Wars, ou de l'Incal aux Méta-Barons, après s'être donnés à fond dans ce projet hors normes. Jodo se définit comme un général à la tête d'artistes guerriers dont l'objectif était de livrer une adaptation qui révolutionnerait le genre, un chef d'orchestre fou qui réussit à fédérer des talents divers autour d'un idéal de film somme. Jodo fut le catalyseur et le destructeur de son projet, son originalité faisant peur aux studios américains et faisant trébucher le film sur la dernière marche avant le décollage.


Il est toujours passionnant de voir pourquoi et comment un film qui avait tout pour devenir un objet culte, s'est vrillé et s'est transformé en échec. On se souvient du doc "L'enfer d'Henri Georges Clouzot" ou de l'excellent "Lost in la mancha" sur le Don Quichotte de Terry Gilliam qui fit naufrage.

Mais le talent de Frank Pavich est de mettre au centre du récit cet iconoclaste artiste touche à tout qu'était Jodo, qui nous fit l'honneur d'être au forum des images un dimanche soir pour présenter le film. Agé de 84 ans, l'homme est bluffant d'optimisme, de rage créatrice, de volontarisme et insuffle au long métrage un vent de fraicheur incroyable. Mais surtout, le recul amusé, 30 ans après ce terrible échec, donne lieu à un récit parfois hilarant. Car c'est la surprise de "Jodorowsky's Dune", oui, le film est drôle, très drôle.


Au lieu de présenter cette histoire comme un cataclysme artistique, Frank Pavich choisit au contraire de retenir l'émulsion de ces artistes, leur grain de folie, leur indépendance acharnée, et l'héritage évident qu'ils ont laissé, réutilisant eux mêmes leurs matériaux dans d'autres œuvres passées à la postérité. Ou comment positiver un échec pour construire autre chose de grand sur une autre route. En voyant Nicolas Winding Refn, réal de Drive, ami et fan de Jodo témoigner, se vanter malicieusement d'être le seul à avoir lu l'énorme "bible" du story board (il en resterait deux au monde) avec les commentaires de Jodo...en entendant Jodo souhaiter que même après sa mort son projet renaisse...on se prend à rêver...et au final c'est la réussite de Jodorowky, son film n'existe pas mais il est bien plus culte que celui boursoufflé qu'a pondu David Lynch quelques années plus tard.


Mais même sans ce film ou sans sa reprise en main dans X années par un autre visionnaire, ce documentaire suffit à vous ouvrir la boite à imaginaire. Les non aficionados de Dune peuvent aussi prendre part à ce voyage excentrique car au final on y parle juste de liberté créatrice, de la l'art pour transcender la mort, lui survivre, se projeter et toucher à l'universel...c'est enthousiasmant et c'est beau, très beau...


La piste aux lapins :



















































































































































































































































Terrence Malick

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