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Jimmy's Hall

De: Ken Loach



Ken Loach l'a annoncé l'an dernier, "Jimmy's hall" sera son dernier long métrage pour le cinéma. Forcément, le maitre britannique était attendu sur la croisette cette année et comme la presse aime brûler ses idoles, il a été accueilli froidement.


Pour son retour au film historique militant après les très beaux "Land of freedom" et sa palme d'or "Le vent se lève", Loach signe pourtant une chronique d'excellente tenue, la presse étant d'ailleurs bien meilleure deux mois après les projections cannoises.


Cette fois-ci, il s’intéresse à Jimmy Gralton, leader communiste irlandais qui fut le seul expulsé de son pays en 1909 et envoyé aux Etats-Unis, pour contrer son opposition politique. Le plus absurde de son histoire est qu'il fut chassé notamment pour avoir monté un dancing de bric et de brocs permettant aux habitants d'une campagne perdue d'accéder à la culture, chacun des fondateurs dispensant des cours de danse, de poésie, de peinture etc...

Dix ans plus tard il revient et sous la pression d'une jeunesse désoeuvrée, alors que les révoltes ont été matées, il récidive et remonte son dancing. L'histoire commence à ce moment là et nous montre l'opposition farouche du clergé, pensant perdre son ascendant sur ses ouailles et mettant en avant des pseudos complots communistes pour "évangéliser" les esprits s'adonnant aux plaisirs culturels. Loach confronte la bêtise de l'intolérance et de l'arbitraire à l'humanisme de ses héros.


Bien sur Loach fait de sa bande de paysans cultivés et engagés des francs tireurs auxquels on ne peut que s'attacher, d'autant que leur révolution a été matée, et qu'au final ils réclament juste qu'on leur foute la paix et qu'on les laisse se distraire entre eux. La manipulation du prêtre et sa mauvaise foi tapageuse créent forcement des situations parfois à la limite de la caricature du cinéma social de Loach. Mais ces acteurs méconnus sont toujours aussi bien dirigés et la générosité d'âme de Ken Loach m'a pour ma part de nouveau emporté.


D'autant que Ken Loach ajoute une touche de romantisme et de nostalgie qu'on ne voit pas forcément dans chacun de ses opus. Certes, on ne retrouve pas le souffle héroïque de son film "Le vent se lève" et la réalisation reste assez classique. Les scènes sont assez attendues et le film n'apporte pas grand chose de plus à sa carrière engagée et souvent bouleversante. Mais bon, ca reste du Ken Loach avec une simplicité déroutante, un humour toujours bien pesé, qui arrivent à vous cueillir, à vous émouvoir et vous piquer au vif.


Si "Jimmy'Hall" devait être effectivement le dernier Loach, ce serait une sortie de carrière d'une certaine classe.


La piste aux Lapins :




















































































































































Terrence Malick

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