Jean-Pierre Jeunet retrouve la magie de ses débuts avec Changer l’eau des fleurs
- Blanc Lapin
- il y a 17 heures
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Il aura fallu patienter plusieurs années, et surtout oublier le douloureux souvenir de BigBug, pour retrouver Jean-Pierre Jeunet là où on l’aime le plus : dans un cinéma profondément visuel, poétique et peuplé de personnages singuliers. Le réalisateur de Delicatessen, La Cité des enfants perdus, Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain et Un long dimanche de fiançailles signe avec Changer l’eau des fleurs un retour qui semble déjà convaincre les premières critiques.
Présenté au Festival du film francophone d’Angoulême, où le public lui a réservé un accueil particulièrement chaleureux, le film bénéficie également d’un très bon accueil critique général.
Une belle revanche pour Jeunet, dont le précédent long métrage Netflix avait laissé une impression autrement plus mitigée.
Adapté du roman de Valérie Perrin, le film nous emmène en Bourgogne auprès de Violette Toussaint, gardienne d’un cimetière qui connaît les histoires de tous ceux qui franchissent ses grilles. Derrière cette femme en apparence sereine se dissimulent pourtant des blessures anciennes et une vie conjugale particulièrement tragique. L’arrivée de Julien Seul, policier venu déposer les cendres de sa mère, va progressivement faire ressurgir les secrets du passé.
Leïla Bekhti porte visiblement le film avec une intensité remarquable.
Face à elle, Jean-Pierre Jeunet a réuni un casting particulièrement séduisant avec Matthias Schoenaerts, Melvil Poupaud, Alban Lenoir, Anouk Grinberg et Sergio Castellitto. Une distribution dont plusieurs personnages gardent encore une part de mystère.
Surtout, le cinéaste semble avoir retrouvé son langage. Les couleurs, les flashbacks, les trouvailles visuelles et cette manière très personnelle de transformer le quotidien en conte étrange rappellent évidemment Amélie Poulain, sans pour autant constituer une simple répétition.
Après BigBug, beaucoup pouvaient se demander si Jean-Pierre Jeunet parviendrait encore à retrouver cette grâce qui avait marqué sa carrière. Changer l’eau des fleurs sera donc on l’espère un retour gagnant et un gros succès au box-office. Il y a si peu de réalisateurs de l’imaginaire et de la poésie, voir l’un de ses porte drapeau revenir en forme à 72 ans, ça le ferait vraiment plaisir. En tout cas, l’accueil d’Angoulême comme les premiers échos critiques sont au rendez-vous.
Sortie au cinéma le 9 décembre.



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