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J. Edgar

De: Clint Eastwood



Voici enfin "J. Edgar", biopic sur John Edgar Hoover, monstre politique ayant créé le FBI et utilisé ce dernier au service des intérêts qu il estimait être ceux des Etats unis et les siens. Personnage complexe, il traversa les hautes sphères du pouvoir des années 20 au début des années 70. Ce manipulateur sincère dans sa démarche mais oh combien contraire à l'image d'Epinal de la démocratie, fut à ce point puissant qu'il fut inamovible de son poste jusqu'à sa mort. Aucun des huit présidents des USA qu il "servit" n'arriva à le déloger.


L'idée de voir un immense réalisateur, républicain de surcroit, s'attaquer au mythe, était une promesse de cinéphile...promesse d'un grand moment.


Hélas, mon triste constat à la sortie de la projection c'est que Clint Eastwood devrait peut être arrêter, à 82 ans, plutôt que d'enchainer des films mineurs tournés plus vite que son ombre. Le maitre a vieilli et ça se voit. L'ensemble est plus crépusculaire que jamais, la mort et l'héritage hantant particulièrement Clint depuis "Mytic River".


Mais je m'attendais à tellement mieux de lui et surtout d'un personnage emblématique comme John Edgar Hoover. En mettant l'accent sur sa relation homosexuelle refoulée avec Clyde Tolson ou la fascination castratrice pour sa mère, Eastwood zappe beaucoup d'aspects politiques du personnage. L'idée de faire des allers-retours entre le seuil de sa mort et sa jeunesse pouvait sembler être une bonne idée afin d'aérer une carrière de stratège extrêmement riche. Hélas, le film sent plutôt le papy qui s'est oublié. Et le résultat est rance.

Vouloir donner un aspect humain au personnage n'était il pas plus une perte de temps pour cet individu de toute façon inclassable ? Que voit on vraiment de la stratégie de "consul à vie" comme Hoover aimait justement se définir... de ses croyances profondes et sa réelle dévotion aux Etats-Unis d'Amérique, quitte à passer au dessus des lois.


Son anticommunisme est appuyé à ses débuts mais ce sont ses interventions répétées sur 40 ans qui auraient du définir le contour de ce biopic. Son rapport à la mafia, totalement omis, son rôle dans l'écoute de personnalités du show biz et de la politique, et l'incidence sur les campagnes électorales, aspect totalement passé sous silence. Sa détestation des Kennedy père et fils aurait elle été mise de côté parceque Eastwood, en bon républicain, n'a pas souhaité montrer à quel point cet autre républicain fanatique était décidé à faire tomber ce mythe. Bien sur, il l'évoque comme il aborde la haine qu'il avait de Martin Luther King. Mais il ne fait qu'effleurer pour s'appesantir bien trop longtemps sur l'affaire Lindbergh. Elle est certes constitutive du début des pleins pouvoirs qu'il obtint du Congrès, mais fallait-il y consacrer un quart du film ?

Leonardo DiCaprio a beau jouer la moitié du film avec un masque assez mal fait, il transcende son personnage, sa diction, son regard vitreux...il confirme son statut d'acteur de premier plan, bankable et brillant par ses prestations, à faire pâlir ses congénères.


Mais ce rôle à Oscars ne suffit pas à sauver le film d'un enlisement moite. Et puis notons que le vieillissement des personnages est particulièrement raté, la prothèse de Clyde Tolson étant plus digne d'un épisode de Star Wars première trilogie.


Bref, "J. Edgar" est un rdv manqué d'autant plus agaçant que les planètes étaient alignées avec un acteur génial, un réalisateur culte et républicain, un personnage transversal de l'Amérique politique du 20ème siècle...si DiCaprio avait été mauvais, la frustration aurait été moins amère. "J. Edgar" est un film d'un classicisme poussiéreux qui fait froid dans le dos, un film de vieux...Déjà retourné à la poussière...


La piste aux Lapins :






































































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