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Belgica

De: Felix Van Groeningen



Après "Alabama Monroe" et "La merditude des choses", très bien accueillis par la critique et le public, Felix Van Groeningen revient avec l'histoire de deux frères, Jo et Frank, qui vont ouvrir et développer leur propre bar, le "Belgica".


Ils ont un idéal, celui de créer un lieu de fête, ouvert à tous, multiculturel et baigné dans le rock et l'électro, un endroit qui leur donne un boulot et les empêche de vieillir trop vite.

Frank est père d'un petit garçon et vit avec sa femme mais il s’ennuie, il a du mal à ne pas avoir la bougeotte, cherchant toujours un nouveau projet ; c'est un rêveur, un créatif, mais toujours dans l'excès. Jo est célibataire et fêtard aussi mais il a plutôt le sens des affaires et la tête sur les épaules ; il "grandit" là où son frère reste souvent incontrôlable.


"Belgica" est un film profondément sympathique et festif, l'enthousiasme de la création de ce lieu de perdition étant accompagnée de la bande son de Soulwax. A un moment on se demande si cette ambiance enivrante, cet endroit où on aimerait danser, ne dessert pas le film, qui, dans ses premières 45 minutes reste beaucoup dans le survol de ce décollage des deux frères vers le succès. Et puis Felix Van Groeningen distille peu à peu des indices. La fête permanente se transforme, prend un tour de soirée qu'on a tous connus, lorsque parfois on se dit que la débauche est veine et que la vie est ailleurs. Le réalisateur arrive parfaitement à capter l'évanescence du délire festif, l'anarchie de l'ivresse et l'absence d'accroche à la réalité. On ne construit pas une vie sur une série de beuveries et parfois çà vire à l'enlisement et çà devient moche. Moches aussi les rapports entre ces amis de fiesta qui n'ont pas tous les mêmes principes, les mêmes envies de long terme...et qui se connaissent peu, au final. Moche enfin lorsque l'un des frères sombre dans son côté obscur, ses démons de perdition de sexe et d'alcool, au mépris de ce qu'il a construit, au mépris de ses valeurs de partage et au prix du reniement de ses idéaux pour de l'argent.


Van Groeningen arrive de manière brillante à démontrer comment un rêve professionnel se ternit lorsque la réalité des affaires, de la rentabilité rattrapent les beaux principes et dénaturent le projet d'origine. On passe ainsi d'un film joyeux à la déception du réel pour revenir à ce qui compte le plus, les liens familiaux et amicaux. "Belgica" est un très beau film sur la fratrie. On choisit ses amis mais pas son frère. On doit donc faire avec ses défauts quoiqu'il arrive et trouver le courage d'affronter les démons familiaux là où des amis peuvent rompre de façon irréversible.


Encore un excellent long métrage pour Felix Van Groeningen. Un film bien plus profond que ne le laisse présager son début enchanteur et léger.


"Belgica" est généreux et bienveillant et çà fait beaucoup de bien.


La piste aux lapins :


















































































































































































































































Terrence Malick

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