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Moon

De: Duncan Jones


Le pitch : Sam Bell est cosmonaute sur la lune. Il gère seul l'extraction de l'hélium 3, nouvelle source d'énergie qui permet à la Terre de sortir de la crise énergétique. Son employeur, un grand consortium, lui a donné cette mission solitaire durant 3 ans. Il doit revenir sur terre dans 15 jours et ces derniers jours sont bien longs.


Duncan Jones a certes pu monter ce film grâce à l'aide de son papa, un certain David Bowie....mais avec le peu de moyens qu'il avait pour réaliser un film de SF, son premier film, ce jeune homme s'en sort très haut la main et signe l'un des meilleurs films de science-fiction depuis bien longtemps.


Dans ce genre sinistré par nombre de nanars qui s'inspirent tous de quelques références comme Alien, Duncan Jones réussit avec brio à nous captiver pour son histoire avec un seul acteur, Sam Rockwell, qui pour ceux qui ne le connaitraient pas encore, vont découvrir un acteur génial, aussi génial que Robert Downey Junior.


Il est difficile de critiquer le film sans en révéler trop. Je ne dirai donc rien de l'histoire. Ce huis clos entre ce cosmonaute et lui-même est si bien écrit, si bien pensé, que de multiples sentiments et réflexions jaillissent là où a priori on ne s'attend à rien. Si un film comme Alien et tous ses avatars se base sur l'immensité de l'espace et la solitude d'un personnage pour créer de l'adrénaline, "Moon" au contraire va chercher des thèmes bien plus terriens.

Où est la limite de l'homme dans la recherche du profit ? L'homme de la terre restera t'il éthique dans quelques années ou laissera t'il sa morale se pervertir jusqu'au pire, jusqu'à renier l'humain, juste par recherche du gain, au nom du progrès. Sacrifier cette morale sur l'autel du bien-être pour l'humanité, voilà un thème sacrément ambitieux pour un premier long métrage.


Car si la science-fiction peut certes s'avérer ludique voir régressivement jouissive, elle atteint également des sommets de profondeur spirituelle lorsqu'elle titille des thématiques universelles qu'elle arrive à isoler des considérations terrestres pour mieux en tirer la substantifique moelle.

Tout le talent de Duncan Jones est donc d'utiliser au mieux le jeu de Sam Rockwell, de révéler assez vite les ficelles du scénario tout en gardant sous la pédale quelques éléments de récit surprenants, de laisser filtrer de la poésie au milieu du cauchemar, de l'espoir vu de la lune, espoir qui s'identifie sous la forme de notre planète bleue mais que l'on ne voit jamais, curieusement. En effet, plus la solitude du personnage s'ancre sur cette lune si froide et si vide de tout humain, plus la terre et ce qu'elle représente s'inscrit en creux. C'est assez fort d'arriver à faire ressentir ce sentiment étrange d'isolement et d'espoir lié uniquement à l'appartenance à un monde, à une espèce. Toute la thématique du film est donc l'identité, l'identité en tant qu'être humain, au milieu de l'univers. Une puissante mélancolie s'échappe de cette vision, portée par la superbe bande originale de Clint Mansell (Requiem for a dream, the fountain).


Le rôle donné au robot est là aussi très intéressant car il prend un certain contre-pied.

Dès lors, visionnez ce film en DVD ou espérez sa sortie en salles cet été (rien n'est sûr) mais ne le loupez surtout pas, fans de SF ou non. C'est l'une des réussites de l'an dernier, ovationné à juste titre dans bien des festivals.


L'envoutement de ce premier film en fera très probablement un film culte dans quelques années. Il en a tous les ingrédients et trottera très certainement longtemps dans mon esprit, qui risque d'être souvent ramené sur cette station lunaire.



La piste aux Lapins :



























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