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Elle

De: Paul Verhoeven



Voir Paul Verhoeven, revenir à 77 ans, réaliser un film français, 10 ans après son précédent long métrage sorti mondialement, Black Book, c'est en soit un évènement.


Mais ce qui est le plus réjouissant c'est de voir qu'il est très en forme et renoue avec ses thèmes de prédilections, servi par une Isabelle Huppert plus trouble que jamais.


"Elle" est donc l'adaptation du roman "Oh..." de Philippe Djian, sorti en 2012 et prix Interallié. On y suit Michèle, working girl chef d'entreprise, qui dirige une entreprise de jeux vidéos. Elle semble blasée par la vie et très détachées du quotidien, comme de sa vie sentimentale...mais un jour elle se fait violer chez elle par un inconnu qui entre par effraction.


Et parceque l'histoire de son père meurtrier a détruit sa vie et qu'elle a su y faire face et s'en sortir, elle préfère ne pas faire appel à la police et régler elle-même son enquête et sa vengeance.

Verhoeven nous montre une vision du sexe pas banale car dénuée de tout jugement moral et de tout voyeurisme.


Verhoeven se fout des conventions et les envoie balader très vite pour mieux se concentrer sur son monstre froid et intriguant qu'est le personnage d'Isabelle Huppert. Cette femme est sulfureuse mais pas antipathique pour autant car on devine ses blessures, ses échecs et le masque qu'elle s'est créée, la distance qu'elle a choisi comme bouclier vis à vis du reste du monde. Elle a vue l'horreur adolescente et le jugement de la foule déchainée, elle a vu l'excès et les barrières morales ont justement cédé.


Les pulsions sont tantôt malsaines, tantôt libératrices, parfois outils de manipulation mais font partie du quotidien des personnages, alors pourquoi les traiter honteusement ? Il préfère les regarder en face et décortiquer leurs incidences psychologiques sur les personnages. C'est provocateur certes mais jamais de mauvais goût. Bien au contraire, il distille de l'humour à des moments où on ne s'y attend pas du tout avec une ironie salvatrice qui donne à ce grand jeu de cache cache une couleur très particulière. On est à la limite de la folie et sur le fil du rasoir en permanence, un certain malaise restant en suspens tout au long du film. Le film nous surprend et joue avec nos prérequis avec un plaisir coupable pour les rebondissements tordus.


Avec ce film dérangeant, grinçant mais comique, satirique et cynique, Paul Verhoeven signe sont grand retour et a annoncé vouloir tourner rapidement un autre long métrage en France. C'est réjouissant car son talent manquait au septième art et il est de retour, enfin !


La piste aux lapins :


















































































































































































































































Terrence Malick

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